COMMUNIQUE DE PRESSE DU 17/08/2000 DE L’ASBL NET-SKY SUIVI DES COMMENTAIRES (19/8) DE NET SKY SUR LA MOTION VOTEE PAR LE CF D’ECOLO.
ECOLO IMPLOSERA-T-IL CE 18/08/2000 OU RETROUVERA-T-IL SA CREDIBILITE ?
1 Problématique liégeoise.
Net Sky ne comprend pas pourquoi le PRL et ECOLO ont proposé le système d'indemnisation Lebrun en place à Liège après avoir voté contre en 1999 pour les raisons suivantes. D'abord, le stratagème wallon du rachat volontaire n'équivaut pas à la procédure d'expropriation pourtant garantie par la Constitution belge. Ensuite, les critères acoustiques pour délimiter la zone A, pour en exclure le maximum d'habitations et pour limiter l'impact budgétaire restent sciemment mensongers. L'expert PLOM, désigné par le Tribunal de Liège, a établi une zone insupportable bien supérieure à la zone A et équivalant à la zone B. Le Colonel LEONARD (administrateur de Net Sky et son président jusqu'il y a peu) a prouvé que l'application entière des critères de BRADLEY (partiellement repris par la Région wallonne) triplerait la zone A, la faisant englober également la zone B, soit 3.000 habitations à détruire en totalité. Le Ministre GOSUIN, tout en ayant une approche différente de la pollution sonore perçue, a pris des mesures qui vont globalement dans le même sens. Bref, la zone inhabitable de nuit actuellement, comme de jour à terme, dépasse largement la zone A imaginée par le gouvernement wallon. Les oreilles liégeoises seraient-elles morphologiquement différentes ? A titre documentaire, pour l'unique zone A, le rachat des seuls immeubles bâtis dépassera les cinq milliards de francs. Puisqu'il faut tripler cette zone, la note devra atteindre plus de quinze milliards de francs, et ce, rappelons le, pour les seuls immeubles bâtis. Le gouvernement wallon aurait dû penser avant de dépenser. Enfin, toujours pour limiter l'impact budgétaire, la proposition d’une indemnisation plafonnée et partielle des seules pièces occupées la nuit nie toute politique sociale pour les partis supposés de gauche. Seuls les plus aisés ou les familles n’occupant qu’une seule chambre pourraient se l'offrir, et encore sans aucune garantie de résultat. Dès lors, beaucoup quitteront la zone inhabitable qui se transformera en ghetto à moyen terme avec des répercussions négatives sur l'économie locale.
Depuis mars 98, les certains riverains liégeois vivent un calvaire sans que le gouvernement wallon ne daigne prendre des mesures "curatives" indispensables. Le gouvernement wallon va-t-il se décider à enfin rendre à la région de Bierset un cadre de vie digne de ce nom ?
2. Revendications de Net Sky en matière de réduction des nuisances à la source.
A l'instar du gouvernement précédent, le présent exécutif, sans circonstances atténuantes cette fois, pratique la politique de l'autruche et du fait accompli. Afin de s'éviter de graves problèmes budgétaires dans l'indemnisation scrupuleuse des riverains, la Région wallonne aurait dû penser à diminuer drastiquement les nuisances à Liège et à les empêcher à Charleroi.
Pour ce faire, il convenait :
a. d'instaurer pendant la nuit une période de calme suffisante dans un premier temps pour permettre un sommeil réparateur et dans un deuxième temps pour autoriser une vie sociale et familiale,
b. d'interdire immédiatement, et sans aucune exception, l'utilisation de jour comme de nuit de tout avion "chapitre 2" et de tout avion "hushkitté",
c. de ne promouvoir qu'un développement réaliste au niveau économique tout en respectant les libertés fondamentales garanties par notre Constitution (procédure d'expropriation conforme à l'article 16 de la Constitution & droit à la protection de la santé, droit à un logement décent, droit à la protection d'un environnement sain conformément à l'article 23 de la Constitution),
d. de concevoir des procédés de contrôle et des sanctions aisément applicables plutôt que des systèmes alambiqués impossibles à faire respecter au quotidien (exemple à suivre : les mesures Gosuin à Bruxelles).
3. Revendications de Net Sky en matière d'indemnisation.
(Mesures curatives que 95 % des riverains de Liège-Airport attendent de voir appliquées depuis le début des vols de nuit de TNT : le 1er mars 1998)
Que ce soit pour Charleroi ou pour Liège, Net Sky revendique que chaque riverain soit dédommagé de son préjudice, rien que de son préjudice mais de tout son préjudice et propose les mesures suivantes :
1. établir un système objectif de mesures des nuisances acoustiques (doses et crêtes de bruit) et chimiques ;
2. construire de nouveaux logements sociaux pour compenser ceux qui sont ou deviendront inhabitables, en supplément de ceux qui sont annuellement construits ;
3. à défaut de la réalisation du point 2, créer une allocation mensuelle pour les locataires sociaux de la zone inhabitable afin qu'ils n'assument pas la différence de loyer entre un logement social et un logement équivalent du secteur privé, et ce, tant qu'ils n'ont pas pu retrouver un autre logement social ;
4. accepter la prise en charge des loyers dus aux propriétaires de la zone inhabitable qui ne savent plus donner en location leurs immeubles devenus inhabitables, (idem mutatis mutandis pour la moins-value locative en dehors de la zone inhabitable) ;
5. reconnaître la procédure d'expropriation pour la zone inhabitable, elle-même variable suivant que les nuisances auront atteint tel niveau ;
6. établir le principe d'indemnités subrogatoires en cas de vente immobilière avant d'avoir bénéficié desdites indemnités ;
7. reconnaître une seule zone à insonoriser avec une obligation de résultat et non un « objectif » comme indiqué dans l’accord dans un délai à déterminer avec précision pour tous les riverains subissant une situation semblable, et ce, afin de ramener à l'intérieur les nuisances à 45 dba en lamax, cette zone devant s'adapter avec le temps sans modification ultérieure des dispositions (arrêtés ou décrets) à prendre prochainement. Il va de soi que l'insonorisation doit être complètement prise en charge par de préférence le pollueur (à défaut, la région) et ne peut concerner comme dans l’accord que les principales pièces de nuit avec intervention de la victime dans les travaux d’insonorisation selon la composition de son ménage ou ses capacités contributives.
8.à défaut d'avoir su atteindre le résultat dont question au point 7, procéder à l'expropriation automatique de l'immeuble ;
9. octroyer une allocation annuelle aux riverains pour les préjudices récurrents (ex : augmentation de la consommation d'énergie pour faire fonctionner la climatisation devenue indispensable) ;
10.accorder aux riverains (occupants de l'immeuble) des primes forfaitaires (en fonction de la nuisance subie), et ce, pour chaque nuit depuis mars 98 jusqu'à l'expropriation ou l'insonorisation efficace de leur habitation ;
11. assurer le paiement effectif des indemnités, primes et allocations au moyen de garanties à première demande, et ce, afin de ne pas les faire dépendre des enveloppes budgétaires dont le gouvernement wallon accepterait de doter la Région wallonne ;
12. faire financer cette politique suivant le principe du pollueur payeur, en instaurant un système de taxes et redevances réellement dissuasif pour tout bruit perçu au sol dépassant les normes maximales tolérables en matières de doses et de crêtes de bruit.
13. Indemniser les riverains des moins-values immobilières.
4. Qu’en est-il actuellement du cirque des isolations ?
4.1. Historique
Le rapport final d’A-Tech du groupe de travail M.E.T. – E.D.S.I., mars 1999, dispose à la page 22/30, sous le point 5.1. qu’au vu du constat dramatique et alarmant de la situation en zone B du Plan d’Exposition au bruit, il semble que des mesures « préventives » devraient être prises afin que des personnes ne viennent s’implanter dans des zones (notamment la zone B) dont on sait parfaitement qu’elles sont soumises à des nuisances sonores intolérables.
Faute de mesures préventives, les riverains de Bierset attendent toujours après le début de vols de nuit (1er mars 1998), les premières mesures curatives.
4.2. Espoirs de bénéficier de mesures curatives
4.2.1. Promesse du 10/03/1999
Le M.E.T. a écrit le 30/6/1999, sous la signature de Nicole Erpicum, à 35 familles pour confirmer la teneur de sa lettre du 10/03/1999 à savoir qu’EDSI a « sélectionné » leur maison pour faire partie d’un échantillon de 35 maisons représentatives de la zone B.
A cette fin, un état des lieux des habitations devait être réalisé. Les performances acoustiques des maisons seront calculées par E.D.S.I.
En juillet et août 1999, les explications relatives au dépouillement des mesures effectuées sont envoyées aux familles. La lettre d’explications précise que le bureau A-Tech détermine les travaux à réaliser pour les habitations de sorte que un niveau sonore maximal de 45 dBA dans les pièces de repos et de 55 dBA dans les pièces de séjour pourrait être atteint.
L’arrivée du Ministre Serge Kubla à la direction du M.E.T. y est-elle pour quelque chose, mais plus rien ne se passe jusqu’au 13 janvier 2000 ?
4.2.2. Promesse du 13/01/2000
Le 13 janvier 2000, EDSI m’informe que 42 familles riveraines que leur habitation fait partie d’un « échantillon prioritaire » de 42 maisons pour la réalisation des travaux d’isolation.
Ces travaux allaient être réalisés « dans les prochaines semaines ».
Les familles doivent marquer immédiatement et sans restrictions le 14 janvier au plus tard leur accord sur cette proposition d’EDSI, et dans les jours qui suivent reçoivent la visite d’un ou plusieurs entrepreneurs, accompagné d’un délégué EDSI ; ils ont procédé à l’examen des seules pièces de nuit occupées des maisons en vue de l’établissement d’un devis, à déposer d’extrême urgence ont-ils dit.
Depuis plus de nouvelles, jusqu'à ce que les riverains apprennent de manière informelle que l’idée de procéder à l’isolation des 42 maisons est abandonnée.
4.2.3. Abandon de tout espoir de bénéficier d’un accompagnement de spécialistes pour l’isolation et d’une intervention intégrale de la réparation du préjudice subi.
Au vu du nombre de pièces de nuit occupées à isoler, les entreprises remettent des prix faisant monter les frais d’isolation acoustique à des montants compris entre 1.000.000 BEF et 2.000.000 BEF pour certaines maisons ayant plus de deux chambres à isoler.
Ces devis étaient certainement plus élevés que ce que la Région Wallonne espérait.
Aussi le Ministre Kubla décide en juin 2000 de réduire l’échantillon à 14 maisons (12 maisons où on n’isolera que deux chambres et deux maisons où on n’isolera trois chambres).
Apprenant que leur maison n’est plus retenue dans les 14 maisons test retenues pour isolation d’une partie des pièces de nuit, des riverains s’inquiètent auprès de Monsieur Lacroix d’EDSI de savoir les raisons pour lesquelles leur maison a été éliminée de l’échantillon.
M. P.-H. BESSEM du directeur général f.f. au M.E.T. répond le 20/7/2000 que les 28 maisons éliminées n’ont pas été retenue parce les solutions présentées par les entreprises ne répondaient pas aux spécifications techniques prévues au cahier des charges. En particulier, aucune solution innovante n’a été présentée, ce qui était une condition de recevabilité des ordres.
4.2.4. Non-assistance à personnes en danger.
Suite aux promesses verbales du Ministre Kubla de faire prendre à charge par la région le coût intégral (voir remarque au 2.5. ci-après) des isolations même si celui-ci dépasse le plafond de 600.000 BEF, certains riverains décident de s’informer auprès du M.E.T. de la procédure à suivre (liste des entreprises agréées et des travaux subsidiables), quasi deux ans et demi après le début des vols de nuit, en envisageant l’hypothèse de pré-financer le coût des travaux d’isolation mais à charge d’obtenir les garanties de remboursement.
En date du 3/8/2000, M. P-H. BESEM répond qu’il n’est pas dans les usages de l’administration de conseiller le choix d’une entreprise et qu’il est prématuré de communiquer la liste des entreprises qualifiées.
4.2.5. Accord gouvernemental du 20/07/2000 portant sur l’indemnisation partielle des victimes de la pollution sonore et de l’absence de liaison raisonnable entre indemnisation et mise à charge des pollueurs des coûts d’indemnisation.
En date du 20 juillet 2000, la coalition arc-en-ciel a marqué son accord pour ne pas indemniser les riverains du préjudice subi, mais pour octroyer une prime plafonnée à 600.000 BEF, 300.000 BEF et 150.000 BEF selon la zone. Cette prime sera, dans le cas des 28 riverains éliminés et de la plupart des autres riverains au vu des devis rentrés et dans la majorité des cas, insuffisante pour atteindre les objectifs de 45 dBA dans les chambres (coût d’isolation acoustique compris entre un et deux millions BEF) et de 55 dBA dans les pièces de séjour.
La procédure à suivre pour dépasser les plafonds n’est pas définie. La dernière mouture du texte de l’accord du 20/07/2000 prévoit que la victime du dommage devra intervenir dans le coût de son indemnisation en fonction de la composition de son ménage et de sa capacité contributive.
4.3. Conclusions
Par le jugement en référé du 31/07/2000 du juge Panier, le droit à un environnement sain et de qualité consacré par l’article 23 de la constitution est retenu comme un droit subjectif, c’est-à-dire dont un citoyen peut directement se prévaloir. « Le pouvoir judiciaire a dès lors juridiction pour en connaître » dit l’ordonnance. Ceci reconnaît le bien-fondé de se référer à cet article de la Constitution pour assurer l’exercice de ce droit fondamental.
Malgré ce jugement, les pollueurs, sauf décision ce 18/8/2000 du Conseil de Fédération Ecolo de démettre les Ministres Daras et Detienne, sont actuellement assurés de ne pas débourser un franc supplémentaire grâce à l’accord béni pour eux et signé par la majorité arc-en-ciel. Les pollueurs de Bierset pourront continuer à utiliser la législation la plus laxiste en matière de réduction à source des nuisances. Le gouvernement précédent Collignon-Lebrun a engagé la Région wallonne via une convention signée avec TNT à ne pas aller plus loin que ce que les directives européennes imposent.
La coalition arc-en-ciel s’est empressée de conforter la société de courrier express TNT dans son passe-droit. Ce sont, selon l’accord du 20/7/2000, le contribuable et la victime du dommage qui devraient payer les dommages.
Pas étonnant donc que l’entreprise de courrier express TNT se soit délocalisée de Cologne où les mesures environnementales sont plus strictes pour venir à Bierset !
Les victimes du dommage se trouvent une fois de plus devant des promesses (les premières datent du début des vols de nuit), et continuent à subir une torture quotidienne.
Aucune assurance de remboursement même partiel n’est donnée aux riverains qui entreprendraient des travaux d’isolation acoustique.
A noter que les propositions Kubla sont en retrait de celles que laissaient entrevoir le Ministre Lebrun, puisque la victime du dommage devra intervenir financièrement et substantiellement dans le coût de son indemnisation. Par ailleurs, le Ministre Kubla propose une aggravation substantielle des nuisances pour les habitants situés dans la zone d’atterrissage puisque l’allongement de la piste s’effectuera essentiellement du côté de l’atterrissage.
Les mesures d’isolation prévues ne prévoient aucune obligation de résultat et ne permettent que d’atténuer une partie du préjudice subi.
Pour le Comité de Gestion de l’a.s .b.l. Net Sky
Nesty Belleflamme
Secrétaire
PREMIERS COMMENTAIRES DE L’ASBL NET SKY SUR LA MOTION VOTEE PAR LE CF D’ECOLO
L’a.s.b.l. Net Sky a pris connaissance ce 19 août 2000 votée par le Conseil de Fédération d’Ecolo.
Avant de faire un commentaire fouillé dans prochain bulletin pré-électoral, elle se pose les questions suivantes :
Conclusions
Certains points de l’accord sont intangibles (Déclaration de Kubla à la presse), dont la fixation de la zone A à 70 Ldn et plus et non 66 Ldn comme le préconise Bradley. Il ne peut non plus être question de tenir compte des conclusions de l’expert acousticien PLOM.
Enfin, Ecolo renonce à ses principes de développement durable et de pollueur-payeur et il accepte la notion contribuable-riverain-payeur.
Ecolo devait soit imploser ce 18/08/2000 et retirer sa confiance à ses deux Ministres régionaux José Daras et Thierry Detienne, soit adopter une attitude électoraliste.
L’option « électoraliste » a été choisie. Et la confiance a été donnée à l’équipe gouvernementale et à son staff de conseillers Ecolo dont le manque de professionnalisme est patent.
Ecolo perd toute sa crédibilité devant les riverains en essayant de faire croire à l’opinion publique qu’il gouverne autrement.
Pour le Comité de Gestion de l’asbl Net Sky
Nesty BELLEFLAMME
Secrétaire
A.R.A.CH. a.s.b.l.
Chemin du Long Préat, N° 6
6041 - GOSSELIES
Tél. : 071/34.00.62
45.93.77
Charleroi, le 17 août 00
ECOLO RETROUVE-T-IL SA COULEUR ?
Fortement déçu par la reddition honteuse des Ministres DARAS et DETIENNE lors des négociations sur la politique aéroportuaire, l’A.R.ACH. découvre avec satisfaction que plusieurs régionales «Ecolo » ont décidé de REAGIR.
En effet, vendredi prochain, plusieurs régionales –à l’initiative notamment d’ECOLO NAMUR- réclameront de leur Conseil de Fédération l’ajout d’une clause à l’accord gouvernemental.
Dans cette proposition, les écologistes réclameront un moratoire dans les investissements sur les sites aéroportuaires de Bierset et de Gosselies. Une étude objective devra démontrer que l’extension des aéroports wallons s’avère indispensable et répond aux critères d’un développement régional durable.
Cette demande des régionales ECOLO rejoint enfin l’une de nos exigences fondamentales formulée à maintes reprises : LE TRIOMPHE DU BON SENS
Aux yeux de l’A.R.A.CH., cette initiative restituerait au mouvement écologiste une part de crédit que le dernier accord leur avait enlevé.
Toutefois, notre association réaffirme son indépendance et encouragera toutes initiatives émanant de tous partis qui contribueraient à la concrétisation des neufs points essentiels suivants :
L’A.R.A.CH.