IEW - P. C. - 17/03/2005
Aviation et changement climatique
La Commission européenne vient de lancer une consultation populaire en ligne intitulée « réduire l’incidence de l’aviation sur le changement climatique ». La question fondamentale est : dans quelle mesure est-il souhaitable de mettre en place des outils fiscaux pour réduire la contribution du transport aérien aux changements climatiques ? Dans son constat, la Commission reconnaît le caractère préoccupant de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre de ce secteur. « Le transport aérien joue un rôle important dans le fonctionnement de nos sociétés modernes. Il facilite les échanges économiques et culturels, il constitue un générateur d'emplois et de croissance économique dans de nombreuses régions. Cependant ce secteur d'activité contribue également au réchauffement climatique, et sa contribution va croissante. Tandis que le total des émissions responsables du changement climatique, calculé pour l'ensemble de l'UE, a chuté de 3% entre 1990 et 2002, les émissions du transport aérien international ont augmenté de presque 70%. Même si des améliorations significatives, tant en matière de technologie des avions et d'exploitation aérienne, ont bien eu lieu, il faut reconnaître que celles-ci n'ont pas suffi à compenser l'impact résultant de la croissance du trafic aérien, et que la croissance des émissions du transport aérien continuera probablement de se produire dans les années à venir. » Les réactions à la consultation « seront utilisées pour la préparation d'une Communication sur le sujet que la Commission envisage d'adopter en juillet 2005. Cette Communication indiquera les orientations politiques retenues ainsi que des recommandations à suivre pour réduire l'impact du transport aérien sur le changement climatique. »
Deux questionnaires sont mis en ligne. L’un à destination des citoyens, l’autre à destination des organisations. Comme c’est trop souvent le cas, les citoyens font l’objet d’une présomption d’incompétence et de réaction « nimby ». Une question teste sans détours vos connaissances : « d'après vous, quelle est la quantité de carburant nécessaire par passager pour un vol aller/retour de Londres à New-York ? ». Nous vous donnons la bonne réponse : environ 500 litres (un long courrier consomme plus ou moins 5 litres aux 100 km par passager). Une autre tente de vous faire rentrer dans une des deux catégories : travailleur du secteur ou riverain. Il n’est pas nécessaire de répondre à cette question…
Moyennant ces deux précautions, une large participation par le biais des deux questionnaires : « organisations » pour les associations de riverains et « citoyens » pour le plus grand nombre nous semble souhaitable : les lobbys du secteur du transport aérien ne manqueront pas d’en faire autant – il faut équilibrer la balance…
La consultation est ouverte jusqu’au 6 mai 2005 à l’adresse :
http://europa.eu.int/yourvoice/consultations/index_fr.htm sous la rubrique « consultations ouvertes »